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Tentative de suicide au Shape: “Mon fils a alerté ses supérieurs à de nombreuses reprises et personne n’a rien fait pour l’aider”



C’est un papa particulièrement affecté par les faits qui a pris la parole ce vendredi matin, aux côtés de représentants syndicaux SETca de la base militaire du Shape. Il y a une semaine, son fils Florian, âgé de 29 ans, a tenté de mettre fin à ses jours au sein du magasin où il travaille en tant que civil. Un geste désespéré qui survient alors que de nombreuses démarches ont été entreprises pour mettre fin aux faits de harcèlement et d’homophobie dont il était victime.

“C’est de l’amateurisme pur et simple, la situation aurait dû être gérée bien différemment”, soupire le papa. “Les faits sont graves et ils étaient connus de la hiérarchie, du conseiller en prévention. Personne n’a pris les choses au sérieux, personne n’a répondu à la détresse de mon fils alors qu’à plusieurs reprises, il a donné l’alerte, exprimé son malaise. On aurait plus que probablement évité un tel drame si des dispositions avaient été prises et le personnel sensibilité à la gravité des actes.”

Florian travaillait depuis cinq ans sur le site du Shape. Il y a deux ans, il changeait de poste afin de remplacer un collègue ayant lui-même formulé des propos suicidaires. “Très vite, la situation s’est dégradée et il a été victime de propos homophobes, d’une forme de rejet de la part de ses collègues.” En septembre 2020, il faisait part de ses difficultés à ses supérieurs et prenait un mois d’arrêt. “Il était sous médication mais a ensuite souhaité reprendre son poste.”

Tout en espérant du changement sur son lieu de travail. “En juin, à bout de nerfs et dépression profonde, il a à nouveau été mis à l’arrêt. Il a été épaulé et a bénéficié d’un suivi psychologique, si bien qu’il a à nouveau souhaité retravailler. Mon fils aimait travailler dans un organisme international et avait l’ambition d’aller plus loin, de monter les échelons.” Des recommandations pour permettre son retour ont été formulées par le médecin-conseil, sans que celles-ci ne soient finalement prises en compte. “Personne n’a cherché à savoir ce qu’il se passait et à ramener un climat serein.”

La veille du drame, Florian avait à nouveau exprimé son mal-être et demandé de l’aide, sans la trouver. “Le jour-même, il a envoyé un message à sa maman pour lui dire qu’il l’aimait, pour lui dire qu’il était désolé de l’acte qu’il allait poser mais qu’il ne voyait plus d’issue. Elle a pu donner l’alerte et le pire a pu être évité. Deux personnes sont intervenues à temps et ont pu sectionner la corde de mon fils”, raconte, extrêmement ému, le papa.

“Si ces personnes n’avaient pas réagi à temps, mon fils ne serait plus là.” Aujourd’hui, ce dernier réclame une prise de conscience des autorités du Shape et du changement, et souhaite que les responsabilités de chacun soient établies par la justice. “Les travailleurs civils de la base ne bénéficient plus d’aucune considération, d’aucun respect. Je ne veux pas que pareille chose puisse se reproduire.” Une enquête est bien évidemment en cours, une plainte ayant été déposée par la police fédérale.

Nous allons poursuivre pour les faits de harcèlement mais aussi pour non-assistance à personne en danger. Je fais confiance en la justice, j’espère que toutes les personnes impliquées, qui sont restées sans rien faire, rendront des comptes.” Aujourd’hui, Florian est physiquement sorti d’affaire. Mais son acte laissera indéniablement des traces. À l’heure d’écrire ces lignes, le Shape n’avait pas officiellement réagi.

Tout juste sait-on qu’un soutien psychologique a été proposé à la famille et aux collègues de la victime et qu’une enquête interne, en plus d’une enquête nationale, a été lancée.



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